29 juillet 2017 – Littoral – L’info tout court

A mi-chemin entre théâtre et cinéma, Littoral nous fait voyager dans le temps et dans l’espace. Elle fait parler les morts, les vivants et l’imagination. Servie par une très belle distribution, cette pièce est un condensé de poésie et d’humanité.

Un récit initiatique captivant. La pièce s’ouvre sur un monologue à couper le souffle du personnage principal qui vient de perdre son père et veut partir l’enterrer dans son pays natal. On le suit donc dans ce voyage subtilement surréaliste, aux côtés d’un chevalier tout droit sorti de son imagination, et du cadavre – plus vivant que jamais !- de son père. Un périple parsemé de rencontres, d’histoires qui entrent en résonance les unes avec les autres.

Un moment fort en émotions. Le texte de Littoral est bouleversant. Et la mise en scène, très visuelle, utilise aussi bien l’espace de la scène que les projections vidéo. Les 8 comédiens interprètent avec talent 27 personnages réunis autour des thèmes de la guerre, l’exil, la mort, notre rapport au passé, et surtout la place du père. On a la larme à l’œil plus d’une fois, jusqu’à la scène finale qui nous étreint avec force.

25 juillet 2017 – Littoral – Passion théâtre

Une pièce, une œuvre, bouleversante.

Et voilà qu’un jour, ou plutôt une nuit la vie bascule. En pleine insouciance Wilfrid reçoit à 3 heures du matin Le coup de téléphone que tout le monde redoute. Celui qui vous apprend le décès du père et dont on sait qu’une fois le combiné raccroché rien ne sera plus jamais pareil. Une fois passé le déni, il est confronté à la réalité, et doit trouver un endroit pour qu’il repose en paix, hors son père il ne l’a pas connu et le caveau de famille lui est interdit.Le voilà donc parti en terre inconnue, avec pour compagnon un chevalier, rêve ou fantôme de son enfance qu’il ne veut pas quitter, et son père mort, qui pour autant n’en ont pas moins leur mots à dire. Il est l’heure de faire des choix, retourné où tout a commencé, et à cette croisée des chemins il rencontrera des destins brisés, des enfants à la recherche de leur identité, de leur père, de la mémoire … Des enfants brisés par la guerre et qui veulent raconter leurs histoires. Pour ne pas oublier ceux qui ne sont plus là et pouvoir peut-être continuer de vivre. Il paraît qu’il faut donner à chaque enfant des racines et des ailes, cette pièce est le chaînon manquant entre les deux.

Magnifiquement interprété et mis en scène, on n’en ressort pas indemne et personnellement j’ai mis du temps à la digérer et retrouver la réalité. Une œuvre et un travail remarquable qui sera un de mes souvenirs les plus forts de cet Avignon 2017.

24 juillet 2017 – Littoral – Sélection

Spectacle retenu par le jury du Club de la presse du Grand Avignon Vaucluse, composé de professionnels de la presse et de la communication (Sélection de dix pièces « coups de cœur » parmi 300 créations du Festival OFF d’Avignon 2017).
Cette tragédie pleine d’humour évoque la mort, la vie, la jouissance, le rapport au père, le malheur, le passé et le futur… La langue de Mouawad est poétique, crue et drôle. Stéphanie Dussine met en scène ce voyage initiatique, géographique, intime et universel de façon moderne et visuelle. Une belle équipe de comédiens interprète avec talent les multiples rôles de la pièce et lui apporte un souffle vivifiant.

23 juillet 2017 – Littoral – Pianopanier.com

Le texte intense de Wajdi Mouawad issu de sa quadrilogie (dont le fameux INCENDIES porté au cinéma par Denis Villeneuve) est servi par une mise en scène qui a su révéler toutes les facettes drôles et graves de ce voyage initiatique. Un plongeon les yeux grand ouverts dans un monde où le réel se mêle aux rêves. Une invitation à devenir le complice rieur, inquiet et ému d’un jeune homme qui cherche un lieu pour enterrer son père et garder sa mémoire dans ces « pays de déserts et de soleils », où il n’y a « ni pierre ni statue pour graver les noms des morts ». « La mort n’est pas une mince chose, la vie non plus ». Voilà une très belle réussite pour une pure création jouée pour ses toutes premières fois à Avignon cette année. Très prometteur. Attention talents !

21 juillet 2017 – Littoral – Le Club de la Presse – Anne Camboulives

Sourires, chair de poule, larmes aux yeux, j’ai éprouvé tout ça. Cette pièce interprétée par huit comédiens complices qui portent avec fougue la « folie indicible », souligne la force du verbe de Wajdi Mouawad, entre tragique et humour, profondeur et légèreté, poésie et crudité, théâtre et cinéma. La mise en scène inventive de Stéphanie Dussine (qui joue aussi Joséphine), avec peu de moyens mais beaucoup de fantaisie et une utilisation pertinente de la vidéo, permet à ceux qui auraient du mal avec l’imaginaire de plonger quand même. Il est question de guerre, mais si à l’abri qu’on soit de ces horreurs, chacun peut se sentir touché. Car c’est de cœur et d’humanité que parle la pièce, de la place du rêve, du père. Elle dit la colère, l’amour, la mort, la mer, la mère, le sang, le sens, l’espoir… Vite, réservez !

20 juillet 2017 – Littoral – L’envolée culturelle

La metteuse en scène, Stéphanie Dussine, s’empare de ce texte avec brio et s’entoure de comédiens de talent pour en faire un véritable bijou théâtral.

Du burlesque au surréalisme il n’y a qu’un pas. Wilfrid apprend par téléphone lors de sa nuit de sexe la plus folle la mort de son père. Sa famille refusant de l’enterrer auprès de sa mère, il décide de lui offrir une sépulture sur sa terre natale. Il part donc, le cadavre sur le dos, dans un pays qui sort tout juste de la guerre. Il rencontre sur le chemin d’autres orphelins avec lesquels il poursuit sa quête d’un lieu où il pourra enterrer son père. Dans une langue singulière et puissante, Wajdi Mouawad joue des décalages et crée à même les mots une émotion profonde. Stéphanie Dussine prend le parti de scinder la pièce en deux. Le quatrième mur tombe régulièrement lorsque les scènes sont distanciées par les effets de la technique à vue et l’intrusion d’une équipe de tournage de cinéma s’occupant de la direction des acteurs. Le décalage créé entre le sujet tragique des scènes et la situation génère légèreté et humour. Stéphanie Dussine joue complètement la carte de l’accentuation et du burlesque dans le traitement de cette première partie. Sur le plateau, les huit comédiens incarnent l’ensemble des vingt-sept personnages de Littoral. Les costumes rendent la narration plus claire, participent à créer un univers imaginaire et à marquer le côté surréaliste de la pièce. Surréalisme foisonnant qui plus est : chevalier en tenue d’époque tout droit sorti de l’esprit de Wilfrid, un cadavre qui se réveille pour mieux expliquer son parcours de vie chaotique… Autant d’éléments qui ne paraissent pas le moins du monde incongrus dans un tel contexte burlesque. Le glissement du burlesque vers une esthétique plus onirique se fait par l’intermédiaire de la figure du père, jamais cadavre ne nous a semblé si vivant et réjouissant ! Ange gardien et projection d’un père peu connu, il accompagne le processus de deuil et incarne la mémoire. L’utilisation de la vidéo est tout à fait pertinente pour la transition vers cette seconde partie plus onirique et symbolique. Elle illustre les lieux du voyage, les chemins quasi dissimulés dans une nature omniprésente, l’effet sur scène est saisissant de poésie. La vidéo enrichit et contrebalance la simplicité du décor fait de longues bandes de tissu plastifiées suspendues. Le décor seul convoque l’imaginaire du spectateur. L’articulation entre vidéo et théâtre crée une belle harmonie notamment lors de la scène finale, alors que le père de Wilfrid prononce son dernier monologue face public et que la lumière décline pendant qu’en fond de scène la vidéo projette l’image du littoral qui s’éloigne semblant nous abîmer dans l’océan. Symbiose parfaite de ces deux effets qui créent une émotion intense et laissent planer la beauté des mots et de l’image. Ce que l’on fait de la mémoire.

Lors de ce voyage surréaliste, Wilfrid rencontre les enfants de la guerre. Il traverse un pays rongé par la violence, non identifiable, universel en quelque sorte. Les autres personnes qu’il rencontre sont emplies de rage, de défiance, de folie, d’amertume, de mort et de vie à la fois. Il y a cette jeune femme qui transporte tous ses annuaires qui répertorient les noms des gens pour ne pas qu’ils tombent dans l’oubli. La mémoire est l’un des thèmes principaux de Littoral. Comment devenir soi-même, dans quel terreau s’enracine-t-on… Le passé, seul lieu refuge, lieu des blessures aussi, dans ce voyage ils subliment ce passé qu’ils trainent avec ses fêlures pour en faire un point de réconciliation. La mémoire et le chemin jusqu’au littoral comme un pèlerinage avec ses rites purificatoires qui permettent de passer les étapes. Elle est ce qui réunit. Littoral est une quête identitaire, de l’ordre de celles qui font grandir. Le choc initial laisse place à l’impulsivité. La rencontre avec l’autre permet de sublimer la douleur.

La puissance du texte alliée à la performance des comédiens dans une esthétique remarquable font de Littoral une petite perle du Festival Off 2017, à ne surtout pas manquer !

7 juillet 2017 – Littoral – La Provence

C’est une pièce de pères et d’orphelins, d’exil et de retour aux racines. Wilfrid est insouciant, la vie est simple et belle et voilà qu’en plein orgasme le téléphone sonne. Il apprend que son père est mort. Sa vie bascule, il décide de ramener ce cadavre au pays d’où la guerre l’avait exilé. Ce voyage initiatique accompagné d’un chevalier de la table ronde échappé d’un rêve d’enfance et d’un cadavre pas si mort que ça, sera l’occasion de rencontrer d’autres orphelins, victimes de la guerre, qu’ils soient suppliciés ou bourreaux. Et puis il y a les femmes qui disent non, qui disent que la mémoire doit vivre. Cette troupe d’orphelins parvenus sur le littoral, pourra laisser partir les cadavres des pères et les chimères de l’enfance pour vivre enfin sa vie. Mais une vie qui ne sera pas hors sol, une vie ancrée dans leur douloureuse histoire familiale. Cette très belle pièce est défendue avec ardeur et vivacité par huit comédiens de talent. Cette tragédie intemporelle de la guerre et de l’exil ne peut que nous rappeler que tous les jours des frères de ces pères et de ces orphelins s’échouent sur les côtes de l’Europe.

27 juin 2017 – Littoral – La revue du spectacle

Avignon Off 2017 • Entre Occident et Moyen-Orient… Un voyage initiatique lumineux

Lumineux et qui éclaire sur les béances creusées au ventre de la jeunesse d’aujourd’hui. Elle, la jeunesse, convulsivement happée par l’esprit de profit, de profiter et de faire proliférer ses désirs, ses possessions matérielles et ses pouvoirs, bonheur exclusif tant vanté par le libéralisme mondial, une jeunesse qui se retrouve soudain en manque de spiritualité, de transmission, de socle.

Wajdi Mouawad raconte souvent la même histoire mais il la raconte bien.
La trame de « Littoral » serait longue à écrire et cela serait perte de temps pour une pièce déjà quasiment rentrée au répertoire. Écrite il y a près de vingt ans, elle a aujourd’hui, avec l’évolution des effrois du monde, atteint sa majorité. Et l’on saisit soudain sans aucun filtre, dans la délicate mise en scène de Stéphanie Dussine, l’étendue et la force que cette pièce porte, clame et montre. Car elle puise à part égale dans l’intime, l’actuel éphémère et dans l’antique, l’éternel.Fictions et réalités se télescopent sur scène. Intime et universalité tentent d’écrire un nouveau monde. Et l’on s’embarque sans aucun temps mort dans l’histoire de Wilfrid qui se donne soudain la mission de rendre à son père quasi inconnu, les honneurs d’une digne sépulture.Aucun temps mort car le spectacle est une succession d’instantanés, de scènes vives, une épopée moderne entre le nouveau et l’ancien monde, entre générations, entre cavalcades par-dessus les océans pour trouver finalement une humanité capable à la fois de rire, de regarder la peur en face et d’aller créer une nouvelle façon d’être libre et d’être enraciné ailleurs. Un nouveau monde. Un nouvel idéal. Soudain ce sont les nuits debout qui viennent à l’esprit.Le génial, le savoureux, la poétique de ce spectacle est qu’il est construit sur une véritable floraison de personnalités, d’énergies et de caractères qui nous semblent proches. Ce kaléidoscope de personnages de rêves, de personnages de l’au-delà, de personnages fantasmés, de personnages clonés sur des mythes et de personnages du quotidien réussit à faire chanter sur le plateau un texte qui nous emporte, nous touche, nous émeut et nous fait sentir citoyens.
C’est une gerbe d’intelligence et de sensible avec une simplicité dans le jeu et dans les enjeux qui donne encore plus de valeur au spectacle.

Moderne, compréhensible immédiatement, visuelle, la mise en scène de Stéphanie Dussine utilise les projections vidéo pour évoquer ce voyage autant spirituel que géographique. L’onirique devient alors réalité au plateau. Les dimensions de celui-ci s’élargissent au fur et à mesure que l’horizon du héros grandit. Le dialogue existe aussi avec l’inerte, avec le rêve, avec le passé. Car tout l’art mis en œuvre ici est de projeter le spectateur dans l’esprit tourbillonnant et imaginatif de Wilfrid, et de partager ainsi sa quête de réalité, et son passage à l’état d’homme et à l’état d’espoir.Maintenant, toujours trop tard, parlons des interprètes de ces multiples rôles. Parlons de l’osmose qui existe entre ces interprètes. Et des différences dans chacun de leurs caractères, de leurs corps qui enrichissent encore le foisonnement humain que cette pièce porte. Un véritable travail, humble, riche, fort se lit dans chaque scène interprétée. Un investissement généreux qui transpire dans toute la pièce. Et c’est aussi cette intégrité dans le jeu de toute cette belle distribution qui rend tout à coup crédible même les folies de l’histoire et apporte l’émotion et l’attente.

C’est nourri, et légèrement heureux que l’on ressort de ce spectacle à la fois exigeant et accessible.

Vous passez à Avignon, quel que soit votre âge, allez le voir. »

18 septembre 2013 – Eva Perón – Le Bibliothécaire (Belgique)

Cela fait un peu bizarre de voir une Evita avec une barbe de trois jours mais on oublie vite ce détail tant on est pris par les péripéties de cette femme, enfermée dans son palais et attendant la mort. Un portrait surprenant de la femme du dictateur argentin.

25 juillet 2013 – Eva Perón – La Marseillaise

Années quarante. Eva Perón, trente-trois ans va mourir dans quelques jours d’un cancer. Issue des classes ouvrières, l’épouse du dictateur argentin représente pour le peuple une véritable icône. Elle est elle-même prise au piège de l’image qu’elle s’est construite. La pièce de Copi se déroule en huis-clos et pousse à bout les relations d’Evita avec son entourage. C’est donc dans une atmosphère à la fois étouffante et exubérante que le texte prend vie sur scène. le choix de faire jouer les rôles de femme par des hommes (sauf celui de l’infirmière) permet d’accentuer le grotesque des figures en leur conférant une féminité extrême et excessive. ainsi, en s’éloignant d’abord des personnages, le choix du travestissement nous approche de leur vérité. Il nous conduit également à une réflexion sur l’identité, la comédie sociale, l’oppression dictatoriale, la solitude fondamentale de l’homme. Sur scène la mort est constamment présente, mais aussi la vie nocturne, transgressive, et le luxe débordant où baigne Evita. Dans un jeu généreux et rempli de vitalité, les acteurs de cette Eva Perón réussissent avec brio à représenter cette pièce singulière et puissante qui dit la condition humaine en fusionnant le tragique et un comique tantôt grinçant, tantôt délirant. Un spectacle accompli.

20 juillet 2013 – Eva Perón – Arte / Sacd

 

18 juillet 2013 – Eva Perón – La Provence

Eva Peron ****

Pièce hystérique sur la manipulation, la trahison, la solitude

Eva Perón c’est une figure historique, il existe des biographies de cette femme politique, mais c’est aussi un mythe. Quand Copi écrit une pièce sur cette idole du peuple, il ne s’intéresse qu’au mythe. La pièce est un huis clos dans le palais présidentiel pendant l’agonie d’Evita. Les 5 personnages, historiques ou imaginaires, ne sont que des pantins sans épaisseur psychologique. Un seul est touchant de normalité, l’infirmière. C’est une pièce hystérique sur la manipulation, la trahison, la solitude.

La Compagnie Esbaudie nous présente une version de cette pièce aussi grotesque que touchante, grouillante de vie, agitée de mille soubresauts, de cris, d’invectives, et sous les excès en tous genres, la cruauté, la solitude, et pour finir, la mort d’Evita qui n’est pas sa mort mais son apothéose ou son ultime supercherie. Chacun des personnages est très individualisé et très extraordinaire, de l’impassible Perón à l’hystérique mère d’Evita. Qui était Eva Perón, peu importe. Seule compte désormais sa légende.

10 juillet 2013 – Eva Perón – France Culture

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 Écouter : l’émission France Culture

10 février 2013 – Eva Perón – La Marseillaise

Copi conforme à l’Espace Comédia.

Sur scène cinq personnages se déchirent en évoquant vendredi soir les derniers jours de la femme du dictateur argentin Perón. Cette Eva qui fut tant vénérée par les pauvres d’Argentine au point de devenir une icône de l’engagement politique aux côtés des humbles. En somme, cette belle pièce en trois actes de Copi (légèrement retouchée) donne à voir dans un rythme hallucinant les différents symboles de la déchéance d’un personnage sacrée rongée par le goût du pouvoir, la démesure et le cancer. L’interprétation est brillante, très professionnelle, porteuse des obsessions personnelles de Copi qui fût aussi un grand de la bande dessinée livrant ici ses fantasmes sur le pouvoir et la corruption.

Le jeu des protagonistes, parfois encore un peu trop classique, toujours au deuxième degré est accentué jusqu’à la caricature. Les éclairages et les dispositifs scéniques se succèdent selon un tempo irrésistible. Les comédiens soulignent la théâtralité si particulière de Copi : ses phrases courtes et percutantes, son sens de l’effet marginal parfois repoussant souvent poétique, toujours cynique et sarcastique. Ce qui fait en somme la vitalité extraordinaire de ce théâtre d’avant-garde. Un spectacle fortement applaudit par une belle salle. Soulignons au passage les difficultés de l’Espace Comédia, menacé d’étranglement par la baisse de subventions. Ce serait une perte irréparable que ce lieu emblématique de création et de qualité soit obligé de disparaître.

9 février 2013 – Eva Perón – Le Var Matin

Eva Perón était la femme du dictateur argentin Juan Perón (président dans les années quarante). Ancienne actrice bisexuelle, elle était très populaire auprès du peuple, symbolisant a contrario du régime répressif la liberté et le soutien aux classes ouvrières. Copi, le romancier et dramaturge argentin mort dans les années quatre-vingt dresse un portrait au vitriol de ce personnage qui aurait dominé le général dictateur. Dans un reversement caricatural, il n’aurait donc été qu’une marionnette. L’œuvre de Copi a défendu la liberté des mœurs et la communauté homosexuelle. Cette fois-ci, il pose un regard poétique, précis et décalé sur l’identité sexuelle, le travesti, la solitude existentielle, l’expression universelle du pouvoir.

Soucieuse d’articuler ses spectacles en lien avec l’actualité, la Compagnie Esbaudie s’est attachée à cette forte thématique. Elle relève avec défi le sens de cette pièce montée d’un humour réaliste et dur. Elle souhaite provoquer la réflexion mais aussi le débat avec le public en fin de représentation. Une comédie jubilatoire, drôle et effroyable à la fois, à voir sans faute.

5 août 2012 – Eva Perón – Center blog

Dans la maison des Perón, la famille des dirigeants de l’Argentine, Eva est en train de mourir. Pour ses derniers moments, elle a quasiment pris en otage sa famille et son infirmière, avec lesquels elle se comporte en tyran.

La grande qualité de cette pièce, ce sont les comédiens, notamment les deux comédiens qui jouent Eva Perón et la mère. La preuve en est qu’un acteur peut interpréter un personnage de sexe opposé sans problèmes. Ce qu’il faut, c’est que l’acteur n’essaie pas de jouer la femme (ou l’homme si c’est une actrice) mais vraiment son personnage. Ici, les deux acteurs ne jouent pas la femme, ils gardent leur voix d’homme et se comportent comme s’ils jouaient des personnages du même sexe qu’eux. Il faut dire aussi que Copi crée souvent des personnages féminins dans l’intention de les voir interpréter par des hommes. Anne Laure Denoyel, dans le rôle de l’infirmière, est aussi excellente. La mise en scène est aussi bonne, tout est parfaitement maîtrisé, autant dans la vidéo que dans les déplacements des comédiens. La scénographie est bien faite, le fait que l’on voit plusieurs salles sur scène aurait pu déranger mais elles sont bien disposées et cela rend assez bien. Un texte profond qui est bien mis en valeur par une belle mise en scène.

Juillet 2012 – Reportage festival d’Avignon

 

21 juillet 2012 – Eva Perón – Arte / Sacd

 

20 juillet 2012 – Eva Perón – Stéphanie Dussine sur France Bleu Vaucluse

icone son  Écouter : l’interview de Stéphanie Dussine

 

17 juillet 2012 – Le Moche – Geoffrey Couët sur Radio Campus

icone son  Écouter : l’émission de Radio Campus

 

17 juillet 2012 – Eva Perón – Le Vaucluse Matin

Eva Perón, femme politique argentine des années 40 était une figure emblématique de l’histoire de son pays. Sa vie a été racontée par l’écrivain Copi dans les années 70. L’œuvre adaptée sur scène par Stéphanie Dussine, jeune metteur en scène, est surprenante. Quelques jours avant sa mort Eva Perón, atteinte d’un cancer, enferme ses proches auprès d’elle. Les sons des tangos argentins succèdent au bruit d’une musique techno. Le tout est joué à travers un langage dur et vulgaire qui met le spectateur mal à l’aise. Cependant, le spectacle est bien orchestré et ne tombe absolument pas dans une mise en scène grossière et violente, mais garde toujours le spectateur en haleine. L’œuvre est dérangeante et franchit certaines barrières et nous confronte aux réalités de la vie comme les relations familiales, le pouvoir de l’argent et la rançon du succès. Une pièce intéressante et prenante, qui nous remue et nous bouscule.

12 juillet 2012 – Eva Perón – La Provence

Avec Copi on est toujours sûr d’être bousculé, sûr que le rire sera grinçant, sûr que l’on verra battre le cœur de l’écorché. Pour le reste… Eva Peròn est-elle le sujet de la pièce ? Peut-être pas. Sainte ? Ou putain ? Généreuse ? Ou égoïste ? Manipulée ? Ou manipulatrice ? Ne cherchez pas, il n’y a pas de réponse et cette pièce n’est pas une conférence sur Eva Peròn, sa vie, son œuvre. Ce sont ses derniers jours quand, recluse, elle attend que son cancer l’emporte à 33 ans. Où sommes-nous ? Peu importe. Ceux qui l’entourent sont-ils des chacals ?

La Compagnie Esbaudie réussit ce petit miracle de ne poser que les questions. C’est beau, c’est troublant, c’est vif, c’est palpitant, c’est drôle et c’est tragique. L’ambiguïté se lit jusque dans les personnages. Eva et sa mère sont des rôles travestis, mais si Eva est superbe et porte la robe comme une reine, pas de perruque, juste un léger maquillage, qui est-elle ? Mais aussi qu’est-elle ? Tous les personnages paraissent idéalement campés, enfin bref, bravo !

11 juillet 2012 – Eva Perón – France Bleu Vaucluse

Cette pièce nous amène dans les derniers instants de la vie d’Eva Perón, la femme du dictateur argentin Juan Perón, président du pays de 1946 à 1955.

Véritable emblème, ancienne star de la télévision nationale, son mariage avec le dictateur a fait d’elle un trait d’union entre les classes ouvrières (d’où elle vient) et le régime dictatorial corrompu, de mèche avec les plus grands criminels de guerre internationaux.
Enfermée dans sa demeure pour ses dernières heures, elle attend la fin accompagnée de la mère, de Perón, d’Ibiza et de l’infirmière.
De grands panneaux de plexiglas suspendus, délimitent l’espace de l’action, ils organisent des circulations rythmées, ils l’encadrent, tout en mettant en valeur le mystère de ce qui se passe en dehors.
Les matières des décors et des costumes sont à l’image de Copi, exubérantes, brillantes, fétichistes, pailletées et excessives.
Elles fabriquent des personnages esthétiques, sophistiqués, et tout simplement troublants.
La Compagnie Esbaudie travestit ou transforme tous les caractères, à l’exception de la jeune infirmière, moulée dans une combinaison vinyle tout droit sortie d’un film pornographique : une sorte de super-femme qu’une super-innocence amène aux pieds de Evita.

Dans ces jeux de pouvoirs et de manigances, les comédiens sont précis, les adresses justes, le texte de Copi traverse des corps électriques et élégants. Eva Perón est une proposition, que l’on peut conseiller à tous les excités de textes dramatiques, mais aussi aux curieux et aux esthètes.

11 juillet 2012 – Le Moche – Stéphanie Dussine sur RCF

La beauté c’est bien connu est subjective, mais dans le cas de lette, cet ingénieur marié le verdict est unanime il est affreusement hideux. La pièce caricature la société du paraitre, présente dans la sphère privée et sentimentale mais aussi dans la sphère professionnelle. Réel coup de cœur cette pièce dynamique drôle, et grinçante parfois nous interroge sur l’importance donnée au physique aujourd’hui.

icone son  Écouter : l’émission de RCF

 

8 juillet 2012 – Eva Perón – Planches a courbes et planches a clous

C’est au cœur de l’Espace Saint-Martial que la Compagnie Esbaudie nous présente un Copi encore plus déjanté et pétillant que jamais. Toujours dans cet esprit de travestissement, si cher à son cœur, Eva Perón est un huis-clos vibrant par son humour grinçant et exacerbé, qui accompagne Evita, célébrité du peuple argentin, en direction d’une mort qui profitera à beaucoup. Tous les travers humains sont accentués, mettant en évidence le pouvoir et la vénalité baignant dans les manigances ; actions et complots ne cessant de s’enchaîner. Ambiance caricaturale mais, cependant, convaincante. L’espace structuré est propice aux apartés et aux divagations de chacun. Toute cette petite cour autour d’Evita se pavanant dans une hystérie et une dérision totales, en partie portée par le personnage de la mère dont le jeu précis, entraînant et fantastiquement loufoque, du comédien Sébastien Ventura, nous conduit sur le chemin du rire et du lâcher prise.

27 juillet 2011 – Si ce n’est toi – Le Vaucluse

« Si ce n’est toi », texte d’Edward Bond paru en 2001 est mis en scène par Stéphanie Dussine, jeune comédienne et metteur en scène Avignonnaise qui propose au public une version particulière de l’œuvre du dramaturge anglais. Trois personnages propulsent le public en 2077 où la vie réglée comme du papier à musique d’un couple, Jams et Sara, est perturbée par l’arrivée d’un inconnu qui prétend être le frère de Sara. Transformés en véritables machines, ils ne sont plus des êtres humains mais des robots qui ne supportent pas de voir leur quotidien modifié. (…) Le jeu des acteurs mêlé aux bruitages et à des effets de mise en scène bien élaborés plongent le spectateur dans une atmosphère oppressante. Embarqué dans une machine à voyager dans le temps le public évolue alors dans une société futuriste qui pousse à la réflexion sur la condition de l’être humain.

21 juillet 2011 – Le Moche – La marseillaise

Lette est un talentueux ingénieur spécialisé dans les systèmes de sécurité électrique. Alors qu’il doit se rendre à un congrès afin de présenter sa réalisation, le connecteur 2CK, il s’aperçoit que son superieur hiérarchique a décidé d’y envoyer son assistant . Lette finira par apprendre que dans notre société basée sur l’image, il n’a pas le profil pour présenter le produit parce qu’il est laid ! (…) Alors notre pauvre Lette décide d’avoir recours à la chirurgie esthétique… Réussite totale, une métamorphose qui lui ouvre les portes, mais jusqu’à quand et comment ?

La pièce est jouée sur un rythme endiablé, avec beaucoup d’humour, et de cynisme, sur un plateau coupé en deux permettant des changements rapides à vue.

Cela nous renvoie à notre société et à nous mêmes ! Qui ne s’est jamais moqué du physique de telle ou telle personne ? Nous savons combien notre société est basée sur l’image et combien de personnes sont en quête absolue afin de ressembler aux normes des beautés réclamées.

Les comédiens tous très jeunes sont excellents, Stéphanie Dussine, metteur en scène, a étudié pendant deux ans au conservatoire d’art dramatique du grand Avignon avant de passer au cours Florent à Paris. Cette jeune metteur en scène a un réel talent, sa mise en scène moderne attire de nombreux spectateurs, la salle étant comble chaque soir. Attention, il faut réserver.

22 juillet 2011 – Le Moche – Arte / Sacd

 

15 juillet 2011 – Si ce n’est toi – Festi tv (la télévision du festival d’Avignon)

« Si ce n’est toi » ce sont : des patrouilles de sécurité, des machines omniprésentes, un salon à l’ordre pathologique et un couple au sourire robotique, Jams et Sara. Nous sommes en 2077, cette société ultra autoritaire ne se maintient en place que grace à la surveillance constante de ces membres (…) Le texte est haché, saccadé, efficace et traduit parfaitement l’inhumanité de cette société répressive. Il est porté par des comédiens à l’interprétation remarquable et dérangeante dont le spectateur ne sort pas indemne.

 

14 juillet 2011 – Le Moche – L’hebdo Le Comtadin

Le moche (prénommé Lette, laid ?) n’est à première vue pas si moche que ça, même pas du tout, mais il est différent des autres, lui ne porte pas de masque contrairement à son entourage. Et c’est justement eux, son patron, ses collègues de bureau, et même sa femme, qui un jour lui avoue froidement qu’il est moche. Il confie alors son visage aux mains d’un chirurgien esthétique qui se prend pour un artiste-créateur. Et le miracle se produit, le Moche devient magnifiquement parfait. Mais à quel prix, assoiffé de pouvoir et séduction il se perd dans un monde qui n’est pas fait pour lui… Dans cette pièce à la mise en scène astucieuse, tout est noir, blanc ou rouge, autant de symboles de la cruauté, de l’hypocrisie, de la luxure et autres dérives. On est plongé dans le monde cruel de l’apparence, de la jeunesse à tout prix. Mais la beauté et l’argent font-ils le bonheur des hommes ? Il est aussi question de l’identité et de l’amour narcissique. Un tourbillon cauchemardesque aux saveurs acides, très critique, parfois même dérangeant de la société moderne… On ne s’ennuie pas une seconde !

10 juillet 2011 – Si ce n’est toi – Arte / Sacd

 

20 avril 2011 – Prix 2 Alpes de la jeune création – CNT

Un tout nouveau festival, une toute nouvelle génération Elle a l’air toute douce, mais quand elle parle, elle a tout d’une chef. Elle représente une jeune génération de comédiens, metteurs en scène porteurs de projets, nés avec internet et la crise financière : les « débrouillards ». Une génération que le CnT suit, naturellement, dont il prend le pouls, régulièrement. Elle, c’est Stéphanie Dussine, une toute jeune femme sortie du cours Florent, et créatrice du tout nouveau Festival de théâtre des 2 Alpes. Un festival qui a eu lieu du 5 au 10 mars dans cette station plus encline aux sports d’hiver qu’aux plateaux de théâtre et pourtant si bien équipée d’une salle flambant neuve, l’Amphibia. C’est d’ailleurs ce qui a motivé Stéphanie : « J’ai dit à la Mairie : je voudrais faire vivre cette magnifique salle, et du coup toute la station le temps d’un festival ». Et c’est ce qu’elle a fait, notre Stéphanie, en même temps qu’elle réunissait 7 productions, 7 pièces, qu’elle orchestrait leur venue et qu’elle décidait qu’en plus de cela, elle créerait le prix de la jeune création. Le CNT était invité à participer à ce premier jury. Balbutiements et bredouillages d’une première édition mais excitation de participer justement à cette aventure menée par une trentaine de jeunes comédiens, avec le goût des débuts : une volonté vrillée au corps, de jouer, d’y croire, de se donner tout entier. Tout à tour, distributeurs de tracts, agents d’accueil, de billetterie et plus souvent comédiens, tous ont participé à l’affaire et à sa logistique. Et ils nous ont insufflé ce qui parfois fait défaut à leurs aînés : l’espoir et le « coûte que coûte ». De toute façon, ils ne peuvent pas faire autre chose : leur vie, c’est de jouer.

11 mars 2011 – Prix 2 Alpes de la jeune création – Article du Dauphiné Libéré

Ce soir, se termine le premier festival de théâtre des Deux Alpes avec la remise des prix. En compétition, set spectacles, du « one-man-show » au théâtre contemporain, montés par des troupes jeunes. Les organisateurs ont voulu mettre en avant la jeune création théâtrale française, pour permettre à ses artistes de se produire sur une grande scène et devant un jury. Il y a peu de tremplin en France pour permettre à le jeune création de se lancer, constate Stéphanie Dussine, à l’origine du projet. Et l’idée était aussi de venir se produire dans un lieu où le théâtre n’est pas très présent. Depuis samedi dernier, la salle Amphibia accueille ainsi, chaque soir, une pièce. L’occasion pour les vacanciers de ponctuer leur semaine de ski de soirées culturelles. En France, on a l’idée que le théâtre est élitiste. C’était un pari de voir s’il pouvait intéresser un public pendant ses vacances. Et c’est très enrichissant d’avoir des réactions de gens qui ne connaissaient pas bien le théâtre explique Stéphanie Dussine, qui monte en parallèle une pièce hors compétition, Le moche, de Marius Von Mayenburg, datant de 2007. On a fait appel à des compagnies dont on connaissait le travail pour cette première année, mais l’objectif c’est d’ouvrir le festival pour les saisons prochaines. Faute de budget probablement, le vainqueur du prix ne gagnera rien cette année. En attendant que le festival devienne un événement culturel incontournable…

9 mars 2011 – Prix 2 Alpes de la jeune création – Interview radio pour France Bleue Isère

icone son  Écouter : l’émission de France Bleue Isère

 

4 mars 2011 – Prix 2 Alpes de la jeune création – Article du Dauphiné Libéré

4 mars 2011 - Prix 2 Alpes de la jeune création - Article du Dauphiné Libéré

 

20 novembre 2010 – Le Moche – Stéphanie Dussine sur Radio Néo

icone sonEcouter : Stéphanie Dussine sur Radio Néo

 

26 juillet 2010 – Le Moche – Jean-Yves Bertrand – RevueSpectacles.com

De l’importance de l’apparence… et ce n’est pas Narcisse qui, au bout du compte, dira le contraire !

Ni Oscar Wilde, d’ailleurs… Une super idée de départ, développée avec toutes ses conséquences logiques et probables implications : bref, un sujet de pièce en or, dont la mise en scène rigoureuse et inventive de Stéphanie DUSSINE et le jeu impeccable et inspiré des quatre jeunes comédiens qui se partagent les rôles ont su tirer le meilleur afin de nous proposer une heure de pur plaisir…

… et, peut-être pour certaines, une sérieuse envie de prendre RV pour leur mari chez un… artiste !

Mais alors attention, Mesdames, aux contrefaçons…

15 juillet 2010 – Le Moche – Lu et vu

Une pièce intéressante, critiquant sans pitié la société du paraître dans laquelle nous évoluons, la poussant aux extrêmes.

16 mai 2010 – Le Moche – Midi Libre

Le moche a séduit le public. Bravo aux comédiens tous très justes dans leurs registres.